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Les alternatives au chimique

QUELLES ALTERNATIVES AUX TRAITEMENTS CHIMIQUES ?


 

Proposer des alternatives aux traitements chimiques correspond à un véritable changement des pratiques agricoles, et donc des mentalités. Ces changements ne se font pas du jour au lendemain. Ils doivent d’une part être progressifs (par exemple modifier les pratiques sur un îlot de parcelles homogènes seulement) et d’autre part accompagnés d’un suivi technique soutenu, dans un contexte de concertation permanente entre tous les acteurs (agriculteurs, distributeurs, techniciens, état et collectivités). Certains changements peuvent être accompagnés d’outils financiers incitatifs, tels que les mesures agro-environnementales (MAE).

EXEMPLES DE MOYENS ALTERNATIFS AUX TRAITEMENTS CHIMIQUES

La lutte physique : parmi les moyens physiques les plus connus, on peut indiquer :

la lutte mécanique : elle fait appel à des outils de travail du sol (sarcleurs) qui agissent à différentes profondeurs du sol. Ces techniques permettent non seulement d’arracher et de détruire les adventices, mais elles sont aussi bénéfiques pour la culture car elles brisent la croûte du sol, l’aèrent, activent la microflore (favorisant ainsi l’éventuelle biodégradation des substances actives présentes dans le sol), diminuent l’évaporation de l’eau et facilitent la pénétration de la pluie (limitant ainsi les ruissellements). Sont également inclus dans les moyens de lutte physique les paillis et la plasticulture.

 

 Cultures sous plastique - photo INRA

La lutte thermique : le principe repose sur la destruction des organismes ciblés par un changement brutal de la température, généralement la chaleur, provoquant ainsi l’éclatement des cellules. Quatres techniques sont utilisées : la flamme, l’infra-rouge, la vapeur et l’eau chaude.

 La lutte biologique :moyens de lutte faisant appel à des organismes vivants pour lutter contre les ravageurs et les maladies des cultures (attention de ne pas confondre la lutte biologique avec l’agriculture biologique). Les organismes prédateurs ou parasites au service de la lutte biologique peuvent être des bactéries, des champignons, des virus, des nématodes... On parle aussi d’auxiliaireslorsqu’on évoque l’ennemi naturel d’un organisme nuisible. Ces auxiliaires peuvent être présents à l’état naturel, être prélevés dans d’autres milieux naturels et relâchés sur les cultures, ou bien être élevées en conditions artificielles (insectariums par exemple) puis relâchés.

 

Capsules d’oeufs de trichogrammes contre la pyrale du maïs - photo INRA

 

 Les mesures prophylactiques : ce ne sont pas à proprement parler des alternatives à la lutte chimique, mais des mesures sanitaires permanentes qui permettent deprévenir l’apparition de certaines maladies des cultures. Il peut s’agir par exemple de :

  • la taille,
  • la destruction des bois morts, pour éviter la propagation des maladies sur les parties saines d’une culture,
  • l’ablation précoce des parties malades et le brûlage des tas de souche pour les cultures pérennes,
  • le choix de variétés résistantes à certains parasites ou maladies,

 

Variété de pomme Ariane résitante à la tavelure (créée par l’INRA) - photo INRA
 
  • la rotation des cultures : elle participe au maintien d’une bonne structure du sol et compromet le développement des parasites et des mauvaises herbes,
  • la fertilisation : équilibrée et suffisante, sans excès, elle est le gage du bon développement des plantes et leur donne les meilleures chances de résister aux agressions parasitaires...

 

 La lutte intégrée : on parle de lutte intégrée lorsqu’on met un œuvre une combinaison rationnelle de mesuresbiologiques, biotechnologiques, chimiques, physiques, culturales ou variétales dans laquelle l’emploi de produits chimiques phytosanitaires est limité au strict nécessaire pour maintenir la présence des organismes nuisibles en dessous du seuil à partir duquel apparaissent des dommages ou une perte économique inacceptables (d’après la Directive européenne 91/414).

Le principe est donc de faire appel aux différentes méthodes de lutte préventives ou curatives, biologiques, mécaniques, culturale, génétique et chimique.

En limitant au strict nécessaire le recours à la lutte chimique, la protection intégrée apparaît comme un moyen de réduire les pollutions diffuses par les phytosanitaires.

>> POUR EN SAVOIR + :


Sur la lutte intégrée :

Consultez le guide technique de références

Réalisé par la Chambre Régionale d’Agriculture sous l’égide de la CROPPP, ce guide recense toutes les actions correctives visant à limiter les intrants phytosanitaires et les transferts de produits avec des références techniques et économiques régionalisées.

Sur la lutte biologique :

Consultez le site Internet du Groupe de Recherche en Agriculture Biologique

Consultez le site Internet de l’INRA