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L’agriculture de précision au service de la réduction de l’utilisation des produits phytosanitaires

 

Le 10 juin dernier, une journée technique sur le thème de l’agriculture de précision (autoguidage) et des pratiques agronomiques durables a été organisée par la Chambre d’agriculture de l’Isère sur la ferme du Lycée agricole de La Côte Saint André.

Lors de cette journée, Aymeric Solerti (ingénieur réseau des fermes DEPHY Ecophyto), Julie Torloting (spécialiste en agriculture de précision à la Chambre régionale de Lorraine) et le Lycée agricole sont intervenus pour présenter l’agriculture de précision et les résultats acquis sur la ferme du Lycée.

Pour lancer la journée, Aymeric Soleti a présenté les résultats obtenus par la dizaine d’agriculteurs appartenant au réseau des fermes DEPHY en Isère. Les objectifs de ce réseau sont d’une part d’expérimenter des systèmes de culture plus économes en intrants et de démontrer que cette réduction est possible, tout en produisant des références sur ces systèmes. Il ressort de ces suivis que pour diminuer ses intrants la mise en place d’une seule technique n’est pas suffisante ; c’est bien la combinaison de plusieurs techniques (faux semis, rotation, binage, variétés résistantes, densité de semis, agriculture de précision…) qui est efficace.

Cette journée était également l’occasion pour l’exploitation du lycée d’expliquer la démarche qu’ils ont entrepris en intégrant le réseau des fermes DEPHY.
Celle-ci fait appel à plusieurs leviers pour raisonner les interventions. En effet, la ferme utilise un outil d’aide à la décision et prend soin de bien régler le matériel. Elle emploie également des mesures prophylactiques, telles que l’alternance des cultures avec l’introduction d’une culture de printemps dans la rotation, le retard de la date de semis ou l’association du désherbage mécanique.
Le Lycée réfléchit de plus en plus à utiliser l’agriculture de précision pour aller encore plus loin dans sa démarche.
L’agriculture de précision a pour objectif une gestion optimisée des apports d’engrais et produits phytosanitaires aux cultures. Elle repose sur l’utilisation de nouvelles technologies (photographie, caméras embarquées, images satellites, conduite GPS…) permettant d’adapter les pratiques à la variabilité intra-parcellaire et d’optimiser les passages de rampes.
La technologie de l’autoguidage, qui est une technique de l’agriculture de précision, actionne le volant et dirige seule le tracteur. Le chauffeur sélectionne les opérations à réaliser sur la parcelle et peut se concentrer sur les outils sans se soucier du volant.

Selon la Chambre régionale de Lorraine, un autoguidage permet de limiter le recouvrement et donc réduit la quantité de phytosanitaires, d’engrais, et de carburant utilisés de l’ordre de 13%. Il permet également de limiter les manques et optimise le potentiel de rendement. Il diminue aussi le temps de travail, augmente le confort par la suppression du jalonnage et permet de se concentrer sur le travail à effectuer et non sur la conduite.

Les démonstrations qui ont eu lieu ont permis aux 42 participants de comprendre le fonctionnement de l’autoguidage, de pouvoir mesurer l’efficacité de celui-ci combiné à du désherbage mécanique (bineuse) et d’échanger sur la combinaison agriculture de précision et réduction des intrants sur l’exploitation.