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Colloque Biocontrôle IBMA 2016

L’association française des entreprises de produits de biocontrôle (IBMA France) a organisé un colloque le 26 janvier 2016 à Paris sur le thème « Les réalités et perspectives du biocontrôle en France ».

Etat des lieux

La protection biologique intégrée a 40 ans d’existence. Aujourd’hui 85% des serres de tomates utilisent des solutions de biocontrôle, ce qui a contribué à une réduction d’usages de 95 % sur cette culture ; c’est le cas aussi sous serres de concombre, fraise, cultures ornementales.
Son efficacité n’est pas remise en cause. En arboriculture 50% des surfaces en France utilisent des solutions de biocontrôle, principalement la confusion sexuelle. En vigne, la confusion sexuelle sur eudémis est largement répandue, de même qu’en maïs le recours aux trichogrammes contre la pyrale.
En revanche, il manque des solutions sur les principaux postes de consommation de produits phytopharmaceutiques : les fongicides vigne, les fongicides céréales, le désherbage.

L’ANSES a fait le point sur les demandes d’homologation en produits de biocontrôle : entre 2008 et 2015, 129 dossiers ont été déposés dont 48 % concernaient des microorganismes.
Le maximum est fait en faveur du biocontrôle, que ce soit au niveau européen (Règlement 1107/2009 qui met en avant la lutte intégrée, Directive 2009/128 qui demande la mise en place de plans nationaux de réductions d’usages des produits phytopharmaceutiques et de privilégier les solutions de remplacement naturelles) ou au niveau français (Loi d’avenir définissant les produit de biocontrôle, délivrance des AMM accélérée).

Les perspectives

Une enquête au sein des entreprises adhérentes de l’IBMA France indique qu’au moins une soixantaine de projets de recherche appliquée sont en cours, majoritairement dans les secteurs vigne (30% ), puis légumes (23%), fruits (20%), céréales et oléoprotéagineux (19%).
On peut espérer l’arrivée sur le marché d’une cinquantaine de nouveaux produits d’ici à 2018. L’objectif est de passer de 5 à 15 % du marché des solutions disponibles à l’horizon 2025. Un consortium public-privé du biocontrôle est lancé en février 2016 avec une première année consacrée à sa mise en place.

Les intervenants ont mis en avant la nécessité de renforcer la formation au biocontrôle dans le certiphyto et dans les filières d’enseignement agricole, et de toucher également les jardiniers amateurs.

La réglementation

La Direction générale de l’alimentation, puis le ministre chargé de l’agriculture ont précisé l’état de la réglementation. Les produits de biocontrôle seront organisés en deux cercles. Le premier comportera « tous les produits ayant comme substance active des micro-organismes au sens de la règle européenne, tous les produits composés de médiateurs chimiques, quelle que soit l’origine de la substance, naturelle ou de synthèse, dès lors qu’ils miment des mécanismes d’action naturels et qu’ils sont appliqués dans des diffuseurs ou des pièges sans contact avec la végétation, les produits composés exclusivement de substances actives naturelles d’origine végétale, animale ou minérale, sauf s’il n’est pas possible de distinguer leur source (c’est-à-dire à l’exception des substances de synthèse dites mimétiques) ».

Le deuxième cercle comportera les produits du premier cercle présentant un caractère peu préoccupant. Il s’agira de la liste des produits de biocontrôle établie par l’autorité administrative évoquées dans divers textes : publicité autorisée, taux de taxe réduit, exemption d’agrément pour les applications en prestation de service, non prise en compte dans le CEPP, pas d’interdiction d’utilisation pour les collectivités en 2017 ou pour les jardins amateurs en 2019. Cette liste est en cours de finalisation, et sera bien entendu évolutive.